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Si
la terre avait la faculté de sentir, tel un immense épiderme,
ce qui grouille à sa surface, que percevrait-elle de nous? Percussion,
effleurement, répit. Tout ce qui, sous la peau tendue d'un ventre maternel,
prend appui. De la terre au visage est une installation performative
où se révèle, par l'abandon progressif d'un corps agonisant, l'empreinte
d'un être en gestation.
Associant
art numérique et jeu corporel, l'installation se présente sous la forme
d'un morceau de terre de 3m x 3m x 1,2m que l'on aurait extirpé du sol
et posé à la verticale. L'une de ses faces est tapissée de verdure et
creusée d'une cavité rectangulaire où niche un sujet humain (le performeur).
Au verso, la face terreuse de l'installation circonscrit un écran de même
dimension que la cavité. L'empreinte numérique du sujet y est projetée.
De ce côté, le corps a l'aspect d'un fœtus bercé par les eaux maternelles.
Dos à dos, le dessus et le dessous de la terre évoquent les deux frontières
de l'expérience humaine: la gestation et l'agonie.
16
minutes
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